Tristan Garcia par Jérôme Bonnet. Il en fallait, de l’opiniâtreté, pour se lancer dans l’écriture de cette romanesque Histoire de la souffrance, dont le volume inaugural paraît aujourd’hui, mais à laquelle l’écrivain, 37 ans, pense depuis longtemps. « j’avais commencé à constituer des cartons de documentation pour ce livre, dont j’avais l’intuition et l’envie, mais dont je ne voyais pas encore la forme » confie-t-il. Et pourtant, « la chose » prenait bel et bien forme peu à peu dans son cerveau : ce serait une saga, récapitulant l’histoire des hommes depuis l’apparition du vivant sur la Terre. Une histoire regardée à travers le prisme de la souffrance physique et mentale. Son amour pour les grands récits, Tristan Garcia l’ancre dans sa prime enfance, auprès de ses parents, enseignants expatriés en Algérie. Libertaires farouchement hostiles à la présence d’une télévision, ils lui lisaient le soir des contes et légendes de toutes les cultures. Puis est venue la découverte émerveillée « des Quatre livres extraordinaires chinois, des sagas scandinaves, de l’épopée mandingue de Soundiata, qui raconte l’histoire de la fondation du Mali… ». Puis, « à l’adolescence, j’ai eu la révélation que les héros des textes que j’aimais lire alors, ceux de Joseph Conrad ou de Francis Garnier, étaient des héros coloniaux. Pour le dire clairement, des salopards qui arrivaient là où il y avait déjà quelqu’un, brisaient les formes de vie préexistantes, piétinaient et volaient, etc. ». Du sentiment mêlé de tristesse et de révolte, Tristan Garcia s’est souvenu en choisissant des années plus tard d’adopter d’autres points de vue narratifs pour écrire Histoire de la souffrance : « L’épopée est historiquement le chant du vainqueur. Dans la mienne, je voulais rééquilibrer les choses en réécrivant l’histoire d’un point de vue qui ne soit pas strictement occidental, en prenant en compte tous ceux que l’homme blanc a longtemps regardés comme ses subalternes : les non-Occidentaux, les femmes, les esclaves, les animaux… ». Son portrait dans Télérama et sur telerama.fr par Nathalie Crom. À lire “Ames. Histoire de la souffrance”, tome I, Gallimard, 718 p., 24€. @jjjbonnet @editions_gallimard @telerama telerama Télérama

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    6 days ago
  • Tristan Garcia par Jérôme Bonnet. Il en fallait, de l’opiniâtreté, pour se lancer dans l’écriture de cette romanesque Histoire de la souffrance, dont le volume inaugural paraît aujourd’hui, mais à laquelle l’écrivain, 37 ans, pense depuis longtemps. « j’avais commencé à constituer des cartons de documentation pour ce livre, dont j’avais l’intuition et l’envie, mais dont je ne voyais pas encore la forme » confie-t-il. Et pourtant, « la chose » prenait bel et bien forme peu à peu dans son cerveau : ce serait une saga, récapitulant l’histoire des hommes depuis l’apparition du vivant sur la Terre. Une histoire regardée à travers le prisme de la souffrance physique et mentale. Son amour pour les grands récits, Tristan Garcia l’ancre dans sa prime enfance, auprès de ses parents, enseignants expatriés en Algérie. Libertaires farouchement hostiles à la présence d’une télévision, ils lui lisaient le soir des contes et légendes de toutes les cultures. Puis est venue la découverte émerveillée « des Quatre livres extraordinaires chinois, des sagas scandinaves, de l’épopée mandingue de Soundiata, qui raconte l’histoire de la fondation du Mali… ». Puis, « à l’adolescence, j’ai eu la révélation que les héros des textes que j’aimais lire alors, ceux de Joseph Conrad ou de Francis Garnier, étaient des héros coloniaux. Pour le dire clairement, des salopards qui arrivaient là où il y avait déjà quelqu’un, brisaient les formes de vie préexistantes, piétinaient et volaient, etc. ». Du sentiment mêlé de tristesse et de révolte, Tristan Garcia s’est souvenu en choisissant des années plus tard d’adopter d’autres points de vue narratifs pour écrire Histoire de la souffrance : « L’épopée est historiquement le chant du vainqueur. Dans la mienne, je voulais rééquilibrer les choses en réécrivant l’histoire d’un point de vue qui ne soit pas strictement occidental, en prenant en compte tous ceux que l’homme blanc a longtemps regardés comme ses subalternes : les non-Occidentaux, les femmes, les esclaves, les animaux… ». Son portrait dans Télérama et sur telerama.fr par Nathalie Crom. À lire “Ames. Histoire de la souffrance”, tome I, Gallimard, 718 p., 24€. @jjjbonnet @editions_gallimard
    Télérama Tristan Garcia par Jérôme Bonnet. Il en fallait, de l’opiniâtreté, pour se lancer dans l’écriture de cette romanesque Histoire de la souffrance, dont le volume inaugural paraît aujourd’hui, mais à laquelle l’écrivain, 37 ans, pense depuis longtemps. « j’avais commencé à constituer des cartons de documentation pour ce livre, dont j’avais l’intuition et l’envie, mais dont je ne voyais pas encore la forme » confie-t-il. Et pourtant, « la chose » prenait bel et bien forme peu à peu dans son cerveau : ce serait une saga, récapitulant l’histoire des hommes depuis l’apparition du vivant sur la Terre. Une histoire regardée à travers le prisme de la souffrance physique et mentale. Son amour pour les grands récits, Tristan Garcia l’ancre dans sa prime enfance, auprès de ses parents, enseignants expatriés en Algérie. Libertaires farouchement hostiles à la présence d’une télévision, ils lui lisaient le soir des contes et légendes de toutes les cultures. Puis est venue la découverte émerveillée « des Quatre livres extraordinaires chinois, des sagas scandinaves, de l’épopée mandingue de Soundiata, qui raconte l’histoire de la fondation du Mali… ». Puis, « à l’adolescence,  j’ai eu la révélation que les héros des textes que j’aimais lire alors, ceux de Joseph Conrad ou de Francis Garnier, étaient des héros coloniaux. Pour le dire clairement, des salopards qui arrivaient là où il y avait déjà quelqu’un, brisaient les formes de vie préexistantes, piétinaient et volaient, etc. ». Du sentiment mêlé de tristesse et de révolte, Tristan Garcia s’est souvenu en choisissant des années plus tard d’adopter d’autres points de vue narratifs pour écrire Histoire de la souffrance : « L’épopée est historiquement le chant du vainqueur. Dans la mienne, je voulais rééquilibrer les choses en réécrivant l’histoire d’un point de vue qui ne soit pas strictement occidental, en prenant en compte tous ceux que l’homme blanc a longtemps regardés comme ses subalternes : les non-Occidentaux, les femmes, les esclaves, les animaux… ». Son portrait  dans Télérama et sur telerama.fr par Nathalie Crom.  À lire “Ames. Histoire de la souffrance”, tome I, Gallimard, 718 p., 24€. @jjjbonnet @editions_gallimard

    Tristan Garcia par Jérôme Bonnet. Il en fallait, de l’opiniâtreté, pour se lancer dans l’écriture de cette romanesque Histoire de la souffrance, dont le volume inaugural paraît aujourd’hui, mais à laquelle l’écrivain, 37 ans, pense depuis longtemps. « j’avais commencé à constituer des cartons de documentation pour ce livre, dont j’avais l’intuition et l’envie, mais dont je ne voyais pas encore la forme » confie-t-il. Et pourtant, « la chose » prenait bel et bien forme peu à peu dans son cerveau : ce serait une saga, récapitulant l’histoire des hommes depuis l’apparition du vivant sur la Terre. Une histoire regardée à travers le prisme de la souffrance physique et mentale. Son amour pour les grands récits, Tristan Garcia l’ancre dans sa prime enfance, auprès de ses parents, enseignants expatriés en Algérie. Libertaires farouchement hostiles à la présence d’une télévision, ils lui lisaient le soir des contes et légendes de toutes les cultures. Puis est venue la découverte émerveillée « des Quatre livres extraordinaires chinois, des sagas scandinaves, de l’épopée mandingue de Soundiata, qui raconte l’histoire de la fondation du Mali… ». Puis, « à l’adolescence, j’ai eu la révélation que les héros des textes que j’aimais lire alors, ceux de Joseph Conrad ou de Francis Garnier, étaient des héros coloniaux. Pour le dire clairement, des salopards qui arrivaient là où il y avait déjà quelqu’un, brisaient les formes de vie préexistantes, piétinaient et volaient, etc. ». Du sentiment mêlé de tristesse et de révolte, Tristan Garcia s’est souvenu en choisissant des années plus tard d’adopter d’autres points de vue narratifs pour écrire Histoire de la souffrance : « L’épopée est historiquement le chant du vainqueur. Dans la mienne, je voulais rééquilibrer les choses en réécrivant l’histoire d’un point de vue qui ne soit pas strictement occidental, en prenant en compte tous ceux que l’homme blanc a longtemps regardés comme ses subalternes : les non-Occidentaux, les femmes, les esclaves, les animaux… ». Son portrait dans Télérama et sur telerama.fr par Nathalie Crom. À lire “Ames. Histoire de la souffrance”, tome I, Gallimard, 718 p., 24€. @jjjbonnet @editions_gallimard

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